Positionnement

Depuis l’entrée en négociation, en mars 2007, des quatre établissements de l’Académie Louvain qui devait mener à la fusion en une seule université, notre institution se trouve dans une situation d’inconfort et de tiraillement : son personnel en ressent une forme d’insécurité. L’objectif stratégique majeur, durant ces quatre prochaines années, se greffe sur les deux précédents, notre identité et notre gouvernance. Il consistera pour moi à instruire la question du positionnement de l’UNamur en Communauté française, à la clarifier et à la trancher, pour ensuite préparer et entamer la mise en oeuvre des choix qui auront été faits.

Quelle que soit l’option choisie de rapprochement avec une ou plusieurs universités (mutualisation, co-diplomation, adossement ou fusion) ou de « stand alone » sans partenaire privilégié, ma ligne directrice sera de garantir notre existence la plus autonome possible ainsi que le maintien de notre identité, de nos spécificités et de notre mode de fonctionnement. Si cela nécessite des choix hybrides ou une combinaison de choix, je ne doute pas que nous trouverons la voie qui permettra à notre université de se stabiliser et de rayonner dans ses trois missions. Dans le cas où un rapprochement poussé avec une université devrait être envisagé, le partage d’une vision et de valeurs communes, la proximité de culture et de mode de fonctionnement, la reconnaissance réciproque des spécificités respectives et des complémentarités seront des atouts déterminants.

Ma ligne de conduite sera de procéder de façon transparente et concertée, par une dynamique participative, comme j’ai déjà eu l’occasion d’en mettre en oeuvre à plusieurs reprises, par exemple comme présidente de l’Assemblée générale. Elle sera en alignement avec nos objectifs, conforme aux valeurs que nous défendons et aux comportements que nous prônons, que ce soit vis-à-vis de la communauté universitaire, membres du personnel comme étudiants, ou vis-à-vis des partenaires et interlocuteurs extérieurs.

À ce jour et dans le contexte actuel, les grandes lignes de la démarche que je proposerai d’adopter sont les suivantes. Tout d’abord « instruire le dossier », en mandatant des experts d’envergure, internes et externes, choisis pour leurs connaissances spécifiques, par exemple du contexte économique et politique belge ou du monde de la recherche et de ses modes de financement, mais aussi pour leur neutralité, leur intégrité et leur attachement à l’UNamur. Sur la base de rapports et conclusions éclairées de ces experts, d’une analyse de type SWOT (Strengths (forces), Weaknesses (faiblesses), Opportunities (opportunités), Threats (menaces)) et d’un processus de discernement commun, c’est-à-dire d’une réflexion structurée, participative et organisée impliquant plusieurs niveaux de concertation, une option sera choisie. Elle devra être soutenue par une majorité confortable.

Au niveau du timing, en me référant au processus que j’ai accompagné/guidé depuis septembre 2014 pour la nouvelle gouvernance dont les statuts ont été adoptés par l’Assemblée générale le 21 octobre 2016, il faut à la fois pouvoir prendre le temps et ne pas traîner. Prendre le temps de faire les choses convenablement, ne pas traîner inutilement ni reculer devant les décisions à prendre et les choix à faire le moment venu. Cela fait en effet trop longtemps que notre université est dans l’incertitude. Imposer un timing prédéterminé est cependant dangereux. Il faut pouvoir s’adapter en cours de route, laisser place à une certaine flexibilité, sans perdre l’objectif de vue ni l’importance de prendre des décisions qui fédèrent un maximum de personnes. Le processus pour la nouvelle gouvernance, qui ne concernait notre université qu’en interne, a pris un an et demi entre la constitution du groupe de travail et l’adoption des nouveaux statuts par l’Assemblée générale. La question du positionnement de notre université dépend de nombreux paramètres externes, dont la pression politique et les critères économiques et financiers. Elle fait intervenir beaucoup plus de partenaires potentiels, outre nos partenaires naturels que sont la Compagnie de Jésus et la Ville de Namur. J’ai cependant confiance qu’à l’horizon de fin 2018 au plus tard, des options claires et fermes auront été prises et qu’à l’issue du mandat de quatre ans, la mise en oeuvre d’accords pris et/ou d’un plan stratégique approuvé aura commencé.